"M", comme...

Off - Après-"M"idi - Lettre aux Educateurs - Nicolas Sarkozy

J'aurais bien donné mon avis sur cette lettre, sans rien justifier ni relever, par flemme, mais ça aurait été, je pense un peu absurde. Alors je vais faire un petit effort.

 

Ce qu'il faut savoir, c'est que j'entre dans la catégorie des enseignants "de droite" (eh oui, il y en a, même si bizarrement personne ne se "dénonce", haha...).

 

Mais si j'ai commencé à lire cette lettre avec un a priori plutôt positif, et une volonté de lecture critique, je dois dire que je suis assez dubitative quant à ce qu'elle nous raconte... 

 

Il ne s'agira là que de ma petite vision subjective de la chose. Certes des phrases risquent d'être sorties de leur contexte, peut-être, mais je vais essayer de faire au mieux.

 

Tout dabord ladite lettre, si certains ont envie de s'amuser :  

http://media.education.gouv.fr/file/41/3/6413.pdf

 

Ce que j'ai relevé en la lisant, sans pour autant ( trop ) chercher la ptite bête...

 

Je ne vais pas argumenter à n'en plus finir, argumenter tout seul c'est naze, et à l'écrit, c'est long, et ici ça serait inutile. 

 

 

page 4 :

"Éduquer c'est chercher à concilier deux mouvements contraires : celui qui porte à aider chaque enfant à trouver sa propre voie et celui qui pousse à lui inculquer ce que soi-même on croit juste, beau et vrai."

 

Perso ça me choque de lire ça. La "violence" de cette deuxième partie de phrase me turlupine. Mauvais choix de mots selon moi, mais bon, s'il ne s'agissait que de ça...

 

S'il est vrai que l'on enseigne avec sa personnalité, que l'on enseigne aussi en partie avec ses goûts, je ne trouve pas normal de dire que l'on inculque ce que soi-même on croit juste, beau et vrai.

 

Agir ainsi, à mon avis, est grave.

 

Je ne transmets pas ce que moi je trouve juste, mais ce qui a été établi comme tel ( valeurs de la République et tout le blabla).

 

Le beau ? Mais qu'est-ce que le beau ? Ce qui est beau pour moi, ne sera pas beau pour "lui", Cette phrase n'a aucun sens, et si je devais faire admettre à mes élèves que telle ou telle chose est belle, et telle ou telle autre ne l'est pas... où irait le monde ?

 

Le but me semble plutôt être de montrer une multitude de choses, pour que chacun donne son avis, expose sa propre opinion, et surtout, pour que chacun respecte l'opinion de l'autre même ( et surtout ) si elle est différente. Et non, ce ne sont pas que des mots, c'est bel et bien faisable en classe.

 

 

page 6 :

 

" Jadis il y avait sans doute dans l'éducation trop de culture et pas assez de nature. Désormais il y a peut-être trop de nature et plus assez de culture. Jadis on valorisait trop la transmission du savoir et des valeurs. Désormais, au contraire, on ne la valorise plus assez.
L'autorité des maîtres s'en est trouvée ébranlée. Celle des parents et des institutions aussi. " 

 

 Là, je suis peut-être bête ou dure de la comprenette. Mais ce que je lis, en d'autre termes c'est "Avant dans l'éducation ( laquelle ? celle des parents ou des enseignants ? Les deux ? ), trop de culture et pas assez de nature. Puis on a fait l'inverse. Comme trop de nature et plus assez de culture, c'est pour cela que l'autorité des parents, des enseignants, et des institutions est ébranlée. Putain je suis désolée mais moi cette phrase elle me chiffone. Qu'est-ce qu'on entend là par culture ? Les connaissances ? Je trouve les mots mal choisis.

 

On n'enseigne plus assez de connaissances, alors les enfants nous manquent de respect ? Mais qui fait les programmes au juste ? Les parents ? Les enseignants ?

 

Et si on appelait un chat un chat ? Problème de respect. La vraie question est (pour moi) : qu'est-ce qui véhicule le respect ?

 

Pourquoi plus d'autorité ? Parce que plus de respect. Pourquoi ne nous respecte-t-on plus ? Là est la vraie question, toujours selon moi.

 

Le début de réponse serait donc : parce qu'on tient trop compte de la nature de l'enfant, et pas assez des connaissances à inculquer, et que l'on ne valorise plus assez la transmission du savoir.

 

Avec des programmes qui grossissent, et se diversifient, s'élargissent chaque année, moi je la trouve forte de fruit celle-là.

 

Tenir compte de la nature de l'enfant, ne signifie pas, pour moi, lui céder. Bien au contraire. Tenir compte de cette nature, est mieux comprendre ce dont il a besoin, afin de transmettre les connaissances de la meilleure façon qui soit. Tenir compte de son besoin d'activité, tenir compte du fait qu'on ne peut pas décemment lui demander une attention optimale 6h par jour (alterner le rythme en classe: temps colelctifs, individuels, travail de groupe, temps de concentration, détente, pour mieux se remettre au travail). Tenir compte du fait que les enfants vous testent, cherchent où sont les limites. A nous d'être justes, et fermes, tout le temps (pas de : ajourdhui je suis bien lunée vous pouvez faire ceci.. aujourdhui je suis fatiguée, ne le faites plus, ça me saoûle.. Donner des repères, fixes, invariables). 

 

On est bien loin ici de l'enfant-roi. Et pourtant, on tient bien compte de la nature de l'enfant, non ?

 

Ce que l'on nous dit ici est incohérent. Cela vise, semble-t-il, à rassurer les gens qui trouvent qu'aujourd'hui ça va mal, tout en ne froissant pas trop ( à mon avis c'est raté ) les "Freynétiques" (cf. Célestin Freynet).

 

Quant à la valorisation de la transmission du savoir, je propose qu'on prête à tous les profs un girophare rouge (avec une sirène si possible) que l'on activera lorsqu'on va véhiculer une information importante. Quoi j'abuse ? 

 

Page 6 :

 

"L'inégalité devant le savoir et devant la culture s'est accrue, alors même que la société de la connaissance imposait partout dans le monde sa logique, ses critères, ses exigences. Les chances de promotion sociale des enfants dont les familles ne pouvaient pas transmettre ce que l'école ne transmettait plus se sont réduites. "

 

Bon, je vais m'afficher peut-être comme une conne notoire, notoirement de mauvaise foi mais... De quoi parle-t-on là ?

 

Apparemment on continue sur la voie "les éducateurs ne sont plus respectés parce qu'ils ne transmettent plus assez de savoir".

 

 Je n'étais pas au courant qu'à l'école on n'apprenait plus à lire, que les cours d'histoire et de géographie avaient disparu des programmes ( ou peut-être que maintenant on fait croire aux élèves que l'histoire de la planète a commencé en 1882, mince alors...) , que la musique et les arts visuels avaient été bannis, que l'enseignement des langues et des TICE (informatique) n'avait pas été rajouté aux programmes, qu'on fait croire aux enfants que la géométrie est un vieux mot barbare disparu de la langue française depuis longtemps... Et j'en passe.

 

D'où on enseigne moins ? c'est parce qu'on enseigne moins que l'on exige désormais des instit' de donner des cours de langues en plus du reste ?

 

Page 7 :

 

"Des femmes et des hommes libres, curieux de ce qui est beau et de ce qui est grand," 

 

Dis Monsieur, c'est quoi le beau, c'est quoi le grand ? 

 

 

Pages 10 :

 

"cultiver l'admiration de ce qui est bien, de ce qui est juste, de ce qui est beau, de ce qui est grand," 

 

Encore ? Alors je veux bien être sympa et accorder le Bien, le Juste, le Grand ( allez soyons magnanime ), mais le Beau ? Non, je ne vois toujours pas ( si ce qui est Beau c'est ce qui est Juste, alors je veux bien, mais pourquoi en rajouter une couche à chaque fois alors ? C'est que ça ne doit pas être pareil, mais c'est quoi alors ? )

 

Page 11 :

 

"Si je souhaite aller progressivement vers la suppression de la carte scolaire, c'est précisément pour qu'il y ait moins de ségrégation." 

 

Là je me dis : ok. Et j'attends l'argumentation qui va suivre, mais non, rien.

 

 

Page 16 :

 

 "Il ne faut chercher ni l'exhaustivité ni la quantité, mais viser l'essentiel et la qualité, mettre en relation les différents champs de l'intelligence humaine pour permettre à chaque enfant, à chaque adolescent de se construire sa propre vision du monde. ( à travers ce que moi je crois grand, juste et beau, j'ai bien suivi ? ) Pour la première fois dans l'histoire les enfants savent beaucoup de choses que leurs parents ne savent pas. ( Mince, je croyais que justement ils étaient ignards) Mais il faut structurer ce savoir en culture, l'éclairer de tout l'héritage de la sagesse et de l'intelligence humaines. ( Ah ok, savants mais incultes ! Faut suivre dis-donc, ça devient pointu là...)

 

 

Pages 30 :  

 

"où il y aura moins d'heures de cours, où les moyens seront mieux employés parce que l'autonomie permettra de les gérer davantage selon les besoins, les enseignants, les professeurs seront moins nombreux. Mais ce sera la conséquence de la réforme de l'école et non le but de celle-ci." 

 

Alors si j'ai bien suivi : moins d'heures de cours pour enseigner plus de choses, avec moins d'enseignants. Là, j'avoue c'est encore plus fort que le roquefort.

 

D'ailleurs je dois vous avouer que moi-aussi, quand je suis dans une classe avec 27 élèves, je me dis souvent que si je n'étais pas là, les enfants apprendraient de toute évidence plus de choses.

 

Allez, on va s'arrêter là.

 

 

"M." 

 

P.S. : j'en ai écrit plus que je ne le voulais à la base...

 

Oui, je pense qu'on peut tortiller et philosopher dans tous les sens pour trouver une justification à ces mots, que personnellement j'ai trouvés choquants, mais je croyais que c'était une lettre, pas non plus un essai philosophique qui devait nous servir de livre de chevet et dans lequel il faut lire entre les lignes. 

 

 

Edit 19h00 :

 

Curieuse de voir les réactions des gens à cette lettre, je viens de tomber sur de "petites" perles qui se passent ou presque de commentaires :

 

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"On comprend parfaitement la réaction défavorable de la majorité des Syndicats d'enseignants à la lettre du Président. Il va falloir se remettre en cause, changer, bosser d'une fois pour toutes. Cela est dérangeant. Mais assez de cette école qui n'est capable de produire, dans le meilleur des cas, que des excellents techniciens mais des êtres humains sans culture et sans humanisme et dans le pire des hordes de cyber-illetrés, sans foi ni loi .
Cultivez un peu le respect pour les generations futures en leur transmettant non seulement les connaissances mais aussi le bon sens. Cela exclue maintes tolérances actuelles que vous accordez à vos élèves et que vous vous accordez."

 

Ndlr : Tant d'amour, là nan c'est trop <rougit> 

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les profs (on a créé un prolétariat intellectuel). Le plus souvent élevés sans culture ni manières, ils restent éblouis de leur éphémère voyage au pays de la connaissance. Ils s'en attribuent un mérite dont ils s'estiment mal récompensés. De ce transport en masse peu propice à l'élitisme, aux rêves de carrières et de réussite , ils ont parfaitement retenu "qui et quoi il convient de haïr ". Aigris et simplement armés de cette certitude ils auraient fait, en d'autres siècles, de parfaits desservants de paroisses rurales.

 

Ndlr : Tant d'aigreur à l'estomac, ça doit faire mal  la longue. 

L'élite en petite section de maternelle, je dois dire que c'est une idée qu'il faut prôner. A-t-on déjà parlé à cette personne des grandes écoles ? Ou bien doit-on prôner l'élitisme dès 2 ans ?

 

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C'est amusant de voir l'Hydre aux milles Vérités imposés par les grand curés de la pensée unique socialo-gochiste lever leur goupillon et voir dans les contre pied du President Sarkozy comme
le Grand Diable qui ose s'opposer aux Dogme de officelle de la curaille gochiste.

 

Ndlr : Oula, tant de mots compliqués. Curaille gochiste, que de poésie. On ne dit pas gauchiste ? 

 

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Oui, le nivellement par le bas, le laxisme et le laisser aller sont des institution des fascistes au bottes cloutés de l'Elite de l'Education Nationnale, et des Syndicats fascisants petainistes gardien du temple .
Il est temps de chasser ces serpents du Temple de l'Education !Nationale. Ils vivent à notre insue, mentent à nos enfants et sont nuisible à l'avenir de la Nation.

 

Ndlr : que de passion déchaînée. 

 

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Ca me donne envie de poser juste une question : les enfants, à la maison, ils entendent ces discours ? Et après on se demande pourquoi parfois il est si dur d'être crédibles :) 

 

Eternel débat gauche droite, et pourquoi ne pas avoir sa propre opinion ? 

 

Enfin... Heureusement, la grande majorité des relations parents/enseignants sont placées sous le signe du partenariat.


 

 

 

 

 

 

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